La chapelle Saint-Roch

La chapelle Saint-Roch

Cachée parmi les habitations privées se trouve une chapelle, encore utilisée aujourd’hui et classée à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1943 : la chapelle Saint-Roch.

Saint Roch, protecteur des pestiférés :

Saint Roch est né à Montpellier aux alentours de 1350 d’une famille aisée. Il décide de renoncer à ses privilèges, distribue ses biens aux pauvres et devient pèlerin. Alors que la peste noire ravage l’Europe à cette époque, il soigne les malades durant son voyage jusqu’à Rome. C’est alors qu’il attrape la peste : saint Roch se retire dans une forêt pour devenir ermite. Malade et croyant mourir, c’est un chien qui vient tous les jours dans les bois lui apporter du pain pour le nourrir. L’animal lui lèche les plaies et saint Roch guérit de la peste. Il reprend son pèlerinage en direction de Milan, mais est arrêté et emprisonné. Il y reste cinq ans, refusant de briser son vœu de pèlerin. Il ne révèle son identité que la veille de sa mort, en 1378.

Son culte se répand dans toute l’Europe et une fois canonisé, il devient le saint patron des pestiférés mais aussi celui des chirurgiens, des dermatologues et des apothicaires. Il est aussi protecteur des animaux. Dans l’iconographie et la statuaire, il lui est attribué le bâton de pèlerin et il est accompagné d’un chien. Il présente aussi une plaie sur sa cuisse, référence à la peste bubonique dont il garda les stigmates.

Naturellement, lors de grandes épidémies, il est le premier saint que les fidèles prient. C’est pourquoi on retrouve une chapelle à son nom à Lambesc, terre de Provence, particulièrement touchée par ce fléau.

La santé au cœur de la chapelle :

La chapelle qui se tient devant vous est construite sur une ancienne léproserie : la lèpre, maladie infectieuse causée par une bactérie proche de celle de la tuberculose, cause des lésions sur la peau, des nerfs, des muqueuses, des voies respiratoires et des difformités physiques. Maladie incurable au Moyen-Âge et se transmettant par voie aérienne, les villes construisent des léproseries pour isoler et soigner les malades du reste de la population saine.

A Lambesc, la léproserie portait le nom de « La Maladière » et elle fut utilisée jusqu’en 1585, date après laquelle les lépreux sont transférés dans d’autres centres, dont celui des Fédons. La chapelle Saint-Roch est construite par la congrégation de l’église Notre-Dame de la Rose en 1634 sur l’emplacement de la Maladière.

La tradition raconte que l’épidémie de peste de 1720 s’est arrêtée aux portes de la chapelle ! Seulement une victime de la maladie est recensée à Lambesc, ce qui renforce le culte du saint. Peu de temps après l’épidémie, de nombreux fidèles demandent à pouvoir célébrer à perpétuité la fête de saint Roch, en reconnaissance de son intercession et de la protection qu’il a apportée à la ville durant ces temps difficiles. L’archevêque d’Aix-en-Provence donne son accord en 1733 et c’est ainsi que le 16 août, date de la Saint-Roch, est célébré chaque année.

La Révolution de 1789 met en péril la chapelle qui est vendue comme bien national puis tombe en ruine. Elle est finalement mise en vente en 1820 et 7 lambescains (Viton, Toche, Mathieu, Boyer, Bernard, Jacques et Etienne) rachètent le bâtiment pour la reconstruire.

Le 16 août 1944, un train allemand de munitions arrive en gare de Lambesc et se fait mitrailler : l’explosion est telle que la ville est sinistrée à 22%. Au même moment, de nombreux habitants sont à la chapelle pour célébrer la Saint-Roch. L’abbé du village, Boyer, appose une plaque dans la chapelle sur laquelle est gravé « Les fidèles de Lambesc disent à saint Roch leur reconnaissance pour la protection spéciale dont ils ont été l’objet le 16 août 1944 lors de l’explosion d’un train de munitions ».

Aujourd’hui, la chapelle est toujours un lieu de culte, mis gracieusement à la disposition des protestants qui, depuis 1980, y célèbrent le culte dominical et y organisent des activités d’Eglise et de culture.

Une architecture des plus simples :

Devant vous se dresse une chapelle très sobre, à plan rectangulaire, avec une nef unique et une abside triangulaire. Sa façade est surmontée d’un clocheton. Sa cloche porte l’inscription : « Dieu, le Roi, la France ».

Sur la route des oratoires :

Juste en face de la chapelle, de l’autre côté de la route, se situe un petit monument en pierre où est nichée une statuette : c’est l’oratoire de Saint-Roch.

Qu’est-ce qu’un oratoire ? Cette petite construction placée au bord des routes et des chemins protège les fidèles et les pèlerins sur leur route. Il a une fonction religieuse (protéger le fidèle et permettre un lieu de culte pour la prière) mais aussi géographique car il sert de repère et de point d’étape pour sur les routes et chemins.

Lambesc compte 13 oratoires sur son territoire et celui de Saint-Roch est reconnaissable par son bâton de pèlerin et son chien à ses côtés.