L’église Notre-Dame de l’Assomption
Place des Poilus
L’extérieur :
Posée sur un point haut du centre du village, Notre-Dame de l’Assomption, à la silhouette si caractéristique, est l’œuvre du fameux architecte provençal Jean Vallon, auteur également de la nef de la Cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence. La première pierre est posée le 29 avril 1700 et les travaux dureront 41 ans. Elle est construite sur l’emplacement de l’église du XIIIème siècle, Notre-Dame-de-la-Rose, jugée trop petite. A noter que de cette dernière subsiste le clocher, lui-même élevé sur une tour de l’ancien château fort du IXème siècle. La flèche du clocher, fortement endommagée par le tremblement de terre de 1909, fut détruite à la dynamite. Une seule cloche, « le Gros Michel » du fondeur Vard, demeure sur les quatre existant à la fin du XVIIIème siècle. A noter que les vitraux de 1873, dus à Allibert, ne seront pas remplacés.
Son dôme imposant, sa nef allongée et sa façade pyramidante comme plaquée sur l’édifice, rappellent les codes du style italien de la fin Renaissance. La sculpture du fronton supérieur de la façade est une Assomption réalisée par le Lambescain Liotard en 1866. Dédiée à sainte Marie, l’église a pour patron Saint Michel. Il s’agit là sans doute d’une réminiscence des noms donnés à l’ancienne paroisse et au cimetière, que les habitants appelaient Saint-Michel et ceux de San Pèyre, le premier foyer lambescain, Sainte-Marie.
L’intérieur :
Le rôle politique de Lambesc au XVIIIème siècle a permis de construire une église offrant un volume et une lumière atypiques pour un village provençal de cette époque. Commencés en 2018, les travaux de restauration sont considérés comme ceux du siècle par les experts en charge du patrimoine.
- 1ère travée de la nef : Mosaïque au sol représentant les armes de la ville, offerte par l’entrepreneur qui effectua les réparations en 1912. Le recouvrement du sol de cette époque cache le dallage en pierres de Lamanon réalisé en décembre 1777. Les armes de la ville « d’azur à la croix de Lorraine d’or » furent données à Lambesc en 1453 par Yolande de Vaudemont, Duchesse de Lorraine, quand son père, le Roi René, lui fit don de la Seigneurie de Lambesc qu’il venait d’acheter. Ces armes, représentatives de la croix d’Anjou, ne devinrent croix de Lorraine que plus tard, en 1477, quand le petit fils du Roi René la prit comme signe de ralliement, dans sa lutte contre Charles le Téméraire, qu’il battit devant Nancy.
- Chapelle de la Croix : Crucifix de Joseph Kappaler.
- Chapelle Saint-Crépin et Saint-Crépinien : Retable à fond vert encadrant un tableau attribué à Dandré-Bardon représentant « Les Frères Crépin et Crépinien, jugés par le préfet des Gaules » (1745). A noter que le retable est décoré des outils des cordonniers, dont saint Crépin est le patron.
- Chapelle Sainte-Anne : Tableau la "Visitation", œuvre du XVIIIème siècle de l’artiste provençal Jean-Baptiste De Faudran.
- Chapelle Notre-Dame de Lourdes : Initialement prévu pour le couvent des Trinitaires de Lambesc, le tableau représente la vision de saint Jean de Matha en 1636 par l’artiste Nicolas Mignard, célèbre peintre parisien. Œuvre classée en 1912.
- Chapelle Saint-Joseph : Tableau de « la mort de saint Joseph » (1649) par Jean Daret. Œuvre classée en 1912.
- Chœur : Maître-autel de Pezetti de 1827. Tableau de « La Cène », XVIIIème siècle par Charles-Joseph Natoire. Œuvre inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1975.
- Chapelle Notre-Dame du Rosaire : Tableaux de « L’apparition de la Vierge à saint Dominique » et de la « Vision de saint Blaise », patron des cardeurs par Reynaud Levieux de Nîmes (XVIIème siècle).
- Chapelle Saint-Eldrad : Tableau de "Saint Eldrad ressuscitant un mort à Novalaise » (1742), par Dandré-Bardon, représentant l’enfant de Lambesc. Eldrad (781-875), abbé de l’abbaye de la Novalaise en Piémont pendant 30 ans, est canonisé après sa mort. Des reliques du saint sont offertes à la paroisse de Lambesc en 1743. Avec les reliques, l’histoire de saint Eldrad s’écrit : il serait né à Lambesc et la chapelle Saint-Pierre située dans le quartier de San Peyre aurait été construite à sa demande. Il devient le saint patron de la ville et est honoré comme tel. En 1872, le pape Pie IX fait de la Saint-Eldrad la deuxième fête importante de Lambesc.
- Chapelle des Âmes du purgatoire : Tableau de la « Vision de saint Jacques » par Dandré-Bardon.
- Chapelle des Fonts baptismaux : Fresque du Baptême du Christ par Jean-Baptiste Reboul et Joseph Castel de la première moitié du XVIIIème siècle et tableau de « La transverbération de sainte Thérèse d’Ávila ». Œuvre inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1975.
- Piliers du transept : Sculptures des quatre évangélistes d’Honoré Fossé. Œuvres inscrites à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1975.
- L’orgue : Le Conseil de la ville décide en 1788 « de procéder au dernier embellissement » en faisant construire un orgue. Joseph Isnard (1740- 1828) est choisi pour la partie instrumentale, tandis que la menuiserie et la sculpture du buffet sont confiées à Valatte. Sans doute s’inspirant du chef-d’œuvre de son oncle à Saint Maximin, à la réalisation duquel il avait participé, Joseph Isnard a de grands projets pour la réalisation de cet orgue. Malheureusement, les événements de la Révolution l’obligent à modifier ses plans et à revoir ses prétentions à la baisse avec seulement 3 claviers avec positif de dos au lieu de quatre. L’orgue de Lambesc n’en reste pas moins exceptionnel. L’orgue traverse le temps, résiste au tremblement de terre de 1909 et à l’explosion d’un train de munitions en août 1944. Néanmoins, une première rénovation est nécessaire et réalisée dans les années 1970-1975. Elle sera suivie par celle de l’atelier Quoirin, de 2018 à 2022, dans le cadre de la restauration intégrale de l’église.
Source : Pierre Gazanhes