Son histoire.
La Tour Hexagonale du Luc-en-Provence : Un témoin majestueux du passé
Dominant la ville depuis des siècles, la Tour Hexagonale du Luc-en-Provence est un joyau architectural construit entre 1517et 1546 par le sieur Caron, entrepreneur de Brignoles. Haute de 27 mètres, cette imposante structure a vu le jour à une époque marquée par les conflits entre François Ier et Charles Quint, inscrivant ainsi son histoire dans le tumulte de la Renaissance.
De style gothique tardif, la tour est composée de trois étages identiques reliés par un escalier intérieur. À son sommet, six baies étroites en plein cintre offrent une vue imprenable sur les alentours. Inspirée par l’architecture italienne et la mode des campaniles, elle fut initialement construite pour servir de clocher à l’église Notre-Dame de Nazareth, aujourd’hui disparue.
Malgré la disparition de l’église, la tour a conservé sa fonction de campanile (clocher indépendant), comme en témoigne une carte datant de 1612 où elle se distingue déjà dans le paysage urbain. Sur son entablement, des vestiges de gargouilles sculptées rappellent à la fois son rôle ornemental et pratique, en permettant l’évacuation des eaux de pluie.
Un poste d’observation stratégique
Outre son rôle religieux, la tour servait également de vigie et de poste d’observation, offrant un point de surveillance idéal pour protéger la commune et ses habitants. Sa position dominante en faisait un repère incontournable et un élément clé du dispositif défensif de la ville.
À proximité immédiate, l’ancien Hôtel-Dieu, qui fut autrefois un presbytère, constitue un autre vestige important du patrimoine local. Des archives mentionnent déjà cette maison claustrale dès le XVe siècle, formant avec la tour un ensemble historique cohérent qui témoigne de l’évolution architecturale et sociale du Luc-en-Provence.
L’ancienne église Notre-Dame de Nazareth
La Tour Hexagonale est indissociable de l’histoire de l’église Notre-Dame de Nazareth, dont elle était autrefois le clocher. Le prieuré, construit au XIIe siècle dans un style roman, servit pendant de nombreuses années d’église paroissiale. Son portail fut reconstruit en 1564 et, au XVIIe siècle, une nef perpendiculaire fut ajoutée pour agrandir l’édifice, qui prit alors le nom de Notre-Dame de Nazareth.
Toutefois, l’église fut démolie au XIXe siècle, ne laissant derrière elle qu’un mur oriental orné de quatre colonnes engagées. Elle fut remplacée par l’église des Carmes, qui devint le nouveau centre religieux de la ville. En 1938, le conseil municipal décida de donner au prieuré une nouvelle fonction et le renomma "Salle Ernest Renan".
Un symbole fort du Luc-en-Provence
Aujourd’hui encore, la Tour Hexagonale demeure un emblème du Luc-en-Provence. Témoignage vivant du passé, elle incarne à la fois l’histoire religieuse, militaire et architecturale de la ville. Son imposante silhouette continue de fasciner les visiteurs et de rappeler l’importance stratégique et culturelle de cette cité provençale à travers les âges.

