Madeleine BRES
Madeleine BRES -
1842 - 1921
Madeleine Brès, née Magdeleine Alexandrine Gebelin le 26 novembre 1842 à Bouillargues, dans le Gard, et morte le 30 novembre 1921 à Montrouge, est une femme médecin française. Elle est la première femme de nationalité française à accéder aux études de médecine en 1868, mais sans avoir le droit d’accéder aux concours. Elle obtient son doctorat en médecine, en 1875.
Sa thèse traite de la composition du lait maternel, et obtient la mention « extrêmement bien ». Elle exerce ensuite en puériculture, prodiguant des conseils à une clientèle privée et aux crèches municipales. En 1885, elle finance la création d’une crèche gratuite.
Parallèlement à ses études de médecine, elle passe 4 ans au Muséum d’histoire naturelle chez Edmond Frémy et trois ans dans le laboratoire de Charles Adolphe Wurtz, où elle prépare une thèse de recherche, soutenue le 3 juin 1875. Sa thèse est très remarquée en France et à l’étranger. Elle devient ainsi la première Française docteur en médecine, mais elle n’est pas la première à l’obtenir en France, la Britannique Elizabeth Garrett Anderson l’ayant devancée de cinq ans.
Veuve, elle a la charge de trois enfants. Elle décide de s’installer en ville, rue Boissy-d’Anglas, et de se spécialiser dans la relation entre la mère et son bébé, ainsi que dans l’hygiène des jeunes enfants. Elle se crée une riche clientèle bourgeoise. Elle est chargée, par le préfet de la Seine, d’enseignement (causeries et conférences) aux directrices et différents personnels des écoles maternelles, crèches et garderies des vingt arrondissements de Paris.
En 1885, elle fonde sa propre crèche, 83 rue Nollet dans le quartier des Batignolles, où sont soignés et gardés gratuitement les enfants jusqu’à l’âge de 3 ans. Cette institution, qu’elle soutient avec son propre argent, sera visitée par Théophile Roussel, puis par l’épouse du président de la République Marie-Louise Loubet. En 1891, en mission pour le ministre de l’Intérieur, elle part en Suisse étudier l’organisation et le fonctionnement des crèches et des asiles.
Elle dirige le journal Hygiène de la femme et de l’enfant et est l’auteure de plusieurs livres de puériculture. Elle meurt à l’âge de 79 ans, presque aveugle et dans la pauvreté.