Avenue Cernuschi

Henri Cernuschi - Journaliste

1821 - 1896

Elle est un hommage à trois frères milanais amoureux de Menton. Henri (Enrico) Cernuschi, définit par Enrico Marinelli comme « le St just de la Révolution et du risorgimento italien », est né en 1821 à Milan. Docteur en droit, « carbonaro », il participa activement aux « cinq jours de mars 1848 » à Milan contre les autrichiens, fut membre du conseil de guerre, et en décembre de la même année, il représenta la Lombardie au comité des circonscriptions italiennes formé à Rome pour favoriser la création d’une assemblée constituante. Arrêté après l’intervention des troupes de Napoléon III, il fut incarcéré au château St Ange prison pontificale. Puis autorisé à s’installer à Paris, il commença une modeste carrière d’employé de banque tout en se livrant à quelques travaux d’écriture et de copie. Quelques années plus tard, il était conseiller de direction, avant de se lancer dans des opérations financières à titre personnel, qui allait faire sa fortune. Grand voyageur, il ramena de ses voyages en Orient une collection extraordinaire d’objets d’art chinois et japonais qu’il a léguée à la ville de Paris et que l’on peut voir au musée Cernuschi, au Parc Monceau. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages économiques et financiers. Expulsé de France en 1870 pour « menées anti-impériales », il y revint après la chute de l’Empire, participa à la Commune, se fit naturaliser Français. Il est mort le 20 mai 1896 à Menton et a été incinéré au Père-Lachaise, laissant le souvenir d’un Républicain, épris de justice et de liberté, et d’un grand Européen avant la lettre. Attilio Cernuschi, son frère, ingénieur et banquier, s’établit à Londres et vint passer ses vacances à Menton avant 1870. Il en tomba amoureux et acquit sur la colline des Serres de la Madone la villa du Vellon et plusieurs terrains attenants (ils constituent aujourd’hui le centre de vacances des mineurs Latournerie, ouvert depuis 1958). Il fit également construire la grande route privée qui, en vingt-deux lacets, conduit du Borrigo au sommet de la colline. Il mourut en 1894. Le troisième frère, Constantin, né en 1825, ingénieur éminent, réalisa en particulier la ligne de chemin de fer entre Vintimille et Gênes et d’autres lignes en Espagne et dans les Andes. En 1849, il avait combattu pour la défense de Venise. Venu à Menton au décès de son frère Attilio, il donna au domaine de dix hectares sa forme actuelle et fit modifier la route dans sa partie haute, en faisant travailler des chômeurs, à la suite du tremblement de terre qui ravageât la région en 1887. Il mourut en 1905, léguant à la ville de Menton 10.000 Francs pour ses œuvres sociales.