La chapelle Sainte-Anne
La chapelle Sainte-Anne
Installée sur le plateau de Manivert de la chaîne des Côtes, la chapelle Sainte-Anne domine Lambesc et offre une vue imprenable sur la région !
Un peu d’histoire…
Dès l’Antiquité, le plateau de Manivert est occupé par l’homme. Il faut attendre le début du XIe siècle pour voir y édifier une chapelle dédiée initialement à Sainte-Marie de Goiron et occupant sans doute un ancien lieu de culte datant du VIe siècle. En 1048, un acte de donation signé de Teudebert cède 3 chapelles à André, clerc de la Roque, dont la chapelle Sainte-Marie. Dès le XIIe ou le XIIIe siècle, des ermites s’installent à proximité de la chapelle dans des grottes aménagées.
La chapelle fait partie successivement des possessions du monastère bénédictin de Saint-Victor de Marseille, de l’abbaye bénédictine Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon puis de l’abbaye cistercienne de Silvacane avant de passer au Chapitre de Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence.
Ce n’est qu’au XVIe siècle qu’elle chapelle prend le vocable de Sainte-Anne puis elle devient dès le XVIIe siècle un lieu de pèlerinage fréquenté par les villageois. Ces derniers implorent la pluie auprès de la sainte en temps de grande sécheresse. Les processions se déroulent le 26 juillet, le jour de la Sainte-Anne et l’une des dernières grandes processions a lieu en 1885.
Ce sont les ermites qui entretiennent la chapelle et vivent des dons et de la charité des villageois et des pèlerins. Le dernier décède en 1886.
Un joyau de l’art roman
La chapelle est bâtie sur un plan de croix latine et est ceinte de contreforts extérieurs qui soutiennent les voûtes couvertes par une imposante toiture de lauzes (pierres plates tirées des roches du plateau de Manivert).
La nef romane, longue de 12 mètres sur 5 mètres de large, présente une voûte en berceau brisé reposant sur des pilastres sans ornement. Sur l’un des pilastres est gravée à demi-effacée une inscription en latin indiquant la dédicace de la chapelle à Sainte-Marie.
L’abside en hémicycle a pour seul ornement, gravé au-dessus de l’autel, une auréole crucifère. Elle est éclairée par une seule fenêtre typiquement romane provençale, percée directement dans le mur.
De chaque côté, au niveau du transept, se trouvent deux chapelles gothiques datant sans doute du XIVe siècle. Deux petites chapelles forment une sorte de transept et bien qu’elles possèdent toutes deux une voûte en croisée d’ogive, leurs décorations ne sont pas identiques.
La chapelle a bénéficié d’une grande campagne de restauration au XIXe siècle et dans les années 1970. Elle a été classée Monument Historique le 2 juin 1970.
Petite originalité, la chapelle offre la particularité d’être située à la fois sur le territoire communal de Lambesc et de La Roque d’Anthéron !
Des marques qui payent !
Remarquez les marques sur les pierres des murs extérieurs de la chapelle : ce sont des tâcherons (ou lapidaires). Réalisées par les tailleurs de pierres, elles servent de signature afin que les travailleurs touchent leur salaire, en fonction du nombre de pierres taillées !
Des habitations troglodytes gardées par de bien curieux visages…
A proximité de la chapelle, les habitations troglodytes servirent d’abris, de logements et de granges aux pèlerins.
Sur la roche, quelques figures humaines grossièrement taillées avaient pour rôle de repousser les esprits malfaisants. En effet, ces figures ont, suivant l’heure de la journée, un aspect doux et reposant ou au contraire, un aspect terrifiant... Saurez-vous distinguer les 5 têtes dans la pierre taillée ?
Subsiste également le système de réservoir avec trois citernes et le système de conduction d’eau pluviale permettant l’approvisionnement et le stockage du précieux liquide sur le site.
Tremblement de terre de 1909
Les secousses de 1909 font trembler la chapelle à tel point que son clocheton ainsi que sa croix perchée au sommet se décrochent et la majorité de l’ermitage est détruit.
Le tragique évènement du maquis de Ste-Anne…
Le plateau de Manivert est le témoin d’un épisode dramatique le 12 juin 1944. Réfugiés et regroupés sur le plateau de Manivert, des jeunes réfractaires et résistants subissent les attaques des troupes allemandes sans doute après une dénonciation : 72 personnes périssent dans l’affrontement ou sont fusillés après les combats. Le monument à la Résistance en perpétue le souvenir.