Lavoir et la bonne fontaine
Lavoir et la bonne fontaine
ÉCHOS D'AUTREFOIS
Quelle était l’utilité des lavoirs de l’époque ?
Le lavoir est apparu au XVIIIe siècle. Avant, la lessive se faisait dans les maisons, dans des sources ou des fontaines. Un lavoir est un bassin alimenté en eau d’origine naturelle qui a pour but premier de rincer le linge après l’avoir lavé. La lessive était autrefois réalisée par la maîtresse de maison dans les foyers modestes, tandis que les demeures plus importantes faisaient appel à des lavandières professionnelles. Le lavoir était fréquenté uniquement par les femmes. C'était un lieu de retrouvailles, de discussions, de ragots et parfois de jalousie entre les lavandières dont le linge était de meilleure allure.
LE LAVOIR « LOU LAVADOU » :
Son histoire :
Daté de 1759 et placé dans le centre historique de Lambesc, le Lavoir Lou Lavadou remplace l’ancien lavoir du XVIe siècle, construit en matériaux légers à l’extérieur des remparts qui autrefois entouraient Lambesc. Il se situait devant la porte des Lices. De nombreuses années plus tard, quand les remparts ont disparu, petit à petit, car ils n’avaient plus d’utilité concrète, un nouveau lavoir a été mis en place, se substituant ainsi à l’ancien lavoir non résistant pour prévoir un aménagement plus durable pour la ville de Lambesc.
Son architecture :
Un lavoir peut être ouvert comme fermé avec différentes formes possibles. Chaque lavoir est unique et a sa propre architecture. Le nouveau lavoir, aussi appelé le Lavoir « Lou Lavadou », se distingue par ses dimensions monumentales. Long de 17,5 m, large de 4,25 m et de 4,40 m de hauteur, le lavoir est un véritable chef-d’œuvre architectural. Sa structure est solide et robuste, constituée de pierres de Rognes et le toit est entièrement recouvert de lauzes, ce qui fait toute son originalité par rapport aux villes voisines. Chacun des bassins a encore sa planche d’étendage tenue par un dispositif en fer.
Sa résistance :
Tandis que les lavoirs d’Aix ou de Marseille avaient une espérance de vie d’un demi-siècle, celui de Lambesc résiste depuis plus de deux siècles, il a même survécu au tremblement de terre de 1909 !
Sa mémoire :
Le lavoir est classé monument historique depuis 1984 et permet de rappeler le « vieux Lambesc », de garder le souvenir pour les Lambescains et de le faire découvrir aux étrangers. Cela permet également de montrer les conditions et le travail des lavandières de l’époque qui se faisait dans les quatre doubles bassins à l’intérieur du lavoir, alimentés par les eaux de la Bonne Fontaine.
LA BONNE FONTAINE :
Son histoire :
La fontaine se trouve à quelques dizaines de mètres du lavoir, ce qui permet à ce dernier d’être alimenté. En effet, cette fontaine est connue pour son eau pure, fraîche et abondante qui coule à travers ses quatre canons en bronze en forme de têtes d’animaux. La Bonne Fontaine, aussi appelée « Bono Font », date du XVe siècle, ce qui en fait la fontaine la plus ancienne de Lambesc. Son eau coule depuis plus de 500 ans. De plus, sur chaque côté de la fontaine se trouve une volute en pierre sculptée, ce qui lui donne une élégante architecture. D’autant plus que l’été, durant les beaux jours, la fontaine est encadrée de végétation, ce qui la rend encore plus belle.
Ses bienfaits :
Elle contribuait à l’alimentation des habitants, mais également à l’arrosage des jardins de la ville. En outre, ses bassins bas et peu profonds permettaient aux animaux domestiques ainsi qu’aux chevaux, chèvres et ânes de s’hydrater. D’autant plus que Lambesc était connu à cette époque pour ses différents types d’élevages. La fontaine servait d’abreuvoir, bien qu’il en existât un non loin, maintenant disparu.
Ses difficultés rencontrées :
Malheureusement, le 21 septembre 1813, un violent orage détruit la fontaine. Peu de temps après, sur ordre du maire, une reconstruction est demandée et exécutée en 1814 par les habitants de Lambesc à l’occasion du passage de la duchesse d’Orléans. La fontaine a été déplacée de quelques mètres en direction du lavoir afin de dégager la route et permettre une meilleure circulation. La foudre nous a permis de savoir que ses eaux abondantes viennent d’une source située un peu plus loin dans la ville, comme le montrent les plans de canalisations à la reconstruction de la fontaine.
Sa mémoire :
Ce n’est que des années plus tard, en 1972, qu’une plaque en marbre gris, récupérée par les Amis du vieux Lambesc, est accrochée au-dessus des canons de la Bonne Fontaine pour rappeler cet incident.