Rue Jules Siegfried
Jules SIEGFRIED - Politicien(ne)
1837 - 1922
Jules Siegfried, né à Mulhouse le 12 février 1837 et mort au Havre le 26 septembre 1922, est un entrepreneur et homme politique français. Jules Siegfried interrompit ses études à l’âge de treize ans pour entrer comme apprenti dans la maison de commerce de son père, auquel il s’associe avant de partir pour les États-Unis. Rentré en France en 1862, il fonde, avec son frère Jacques Siegfried, au Havre et à Mulhouse, la société Siegfried Frères, spécialisée dans le négoce du coton. Elle deviendra la Compagnie cotonnière vers 1870. Dès l’automne 1862, la société a une succursale à Bombay. Les frères Siegfried ne tarderont pas à devenir millionnaires. Toujours avec son frère, il sera à l’origine de la création de l’École supérieure de commerce de Mulhouse. Celle-ci sera fermée en juillet 1872, en raison de l’annexion de l’Alsace. Les frères Siegfried quittent alors l’Alsace pour s’installer en Normandie, où ils fondent l’École supérieure de commerce de Rouen et l’École supérieure de commerce du Havre qui existent toujours. Jules Siegfried épouse Julie Puaux-Siegfried (1848-1922), le 2 février 1869, à Alès (Gard). Julie Siegfried est féministe, présidente ou fondatrice de nombreuses œuvres d'assistance ou d’œuvres de guerre, qui lui permettent d'être décorée de la Légion d'honneur, en 1919, sur contingent du ministère de l'intérieur. Jules Siegfried partage les combats de sa femme pour le vote des femmes : il présidera notamment le « groupe des droits de la femme », créé à la Chambre des députés en 1918. Siegfried fut premier adjoint, puis maire du Havre (1870-1873 et 1878-1886), député et conseiller général de la Seine-Inférieure (1886-1897 et 1902-1922), sénateur (1897-1900), puis ministre du Commerce, de l’Industrie et des colonies, du 6 décembre 1892 au 30 mars 1893, dans le 1er et le 2e cabinet Ribot. À la Chambre, il traita avec compétence les questions commerciales, maritimes, financières et sociales. Préoccupé par le sort des plus pauvres et cherchant la prospérité de son pays, il chercha à promouvoir l’habitat social. Ainsi, la « loi Siegfried » du 30 novembre 1894 encourage la création d’organismes d’habitations à bon marché.