Duc de Padoue -  

Duc de Padoue

Jean-Thomas Arrighi de Casanova : le Duc de Padoue, un destin impérial
Né à Corte le 8 mars 1778 et décédé à Paris le 22 mars 1853, Jean-Thomas Arrighi de Casanova est une figure emblématique de l’histoire napoléonienne. Issu d’une ancienne famille noble corse, les Arrighi – descendants des Colonna Cinarchesi – il est aussi lié à la célèbre famille Bonaparte : sa mère est la cousine germaine de Letizia, la mère de Napoléon. Les liens entre les deux familles sont étroits : dans sa jeunesse. Charles, le père de Napoléon, loge même avec sa famille chez les Arrighi à Corte, juste en face du Palazzu, lieu de commandement de Pascal Paoli.

Soldat audacieux, plusieurs fois blessé au combat, il est surnommé « Le Balafré ». En 1808, il est promu général de division. Fidèle parmi les fidèles, il accompagne Napoléon durant les moments décisifs de l’Empire. En 1815, pendant les Cent-Jours, il est nommé Gouverneur de la Corse avec les pleins pouvoirs. Mais à la chute de l’Empereur, il doit s’exiler en Lombardie.

Retiré de la vie publique entre 1820 et 1849, il se consacre à sa famille dans son château de Courson, près de Paris. Lors de l'avènement du prince Louis Napoléon Bonaparte à la Présidence de la République en 1848, il est couvert d'honneurs ; il est un symbole reliant Napoléon III à Napoléon I mais il ne peut, à son grand regret, obtenir le bâton de maréchal, étant déjà à la retraite. Il est élu député de Corse en 1849 puis Sénateur en 1852. Il est ensuite nommé Gouverneur de l’Hôtel des Invalides. Son nom figure fièrement sur l’Arc de Triomphe à Paris.

Un héros honoré à Corte
Le Second Empire voulant profiter de la légende napoléonienne, on assiste à l'édification de nombreuses statues commémorant les gloires locales de la Grande Armée. Le 20 novembre 1862, le conseil municipal de Corte décide d'ériger cette statue. Une souscription nationale est lancée en 1865, à laquelle Napoléon III participe personnellement. Le projet est encouragé par le général Vaillant, maréchal de France, ministre de la guerre et ministre des Beaux-Arts.

Cette statue en bronze, fondue dans les ateliers du fondeur Victor Thiebault, est l'œuvre du sculpteur Auguste Bartholdi. Elle fait partie de ses œuvres de jeunesse. 2 œuvres maîtresses de ce sculpteur sont la Statue de la Liberté éclairant le monde, à New York, et le Lion de Belfort. Alors que le Duc était plutôt de constitution assez frêle, Bartholdi a voulu incarner, dans l'homme de forte stature, le caractère du héros militaire à la fidélité absolue, l'homme d'un seul serment. La statue repose sur un socle en granite verdâtre, la protogine, composé de quartz grisâtre, de feldspath blanchâtre et de chlorite verdâtre. Les carrières d'extraction se situent dans la Vallée de la Restonica, du Tavignanu, de la Scala di Santa Regina dans le Niolu. Le piédestal du monument est en marbre de la Restonica. Le dallage au sol est en marbre d'origine inconnue. Inaugurée en 1868, la statue marque l’élargissement du Cours Paoli jusqu’à la place Padoue. L’espace a été aménagé grâce aux terrains donnés par les cousins du Duc, la famille Mariani. Cette statue du Duc de Padoue se dresse fièrement sur la place éponyme, à deux pas de l’actuelle mairie. Elle raconte à elle seule un pan de l’histoire impériale, profondément enraciné dans la terre corse. 

Deux faits d’armes mémorables

  • Salieh, 1798 : En Égypte, Arrighi reçoit un coup de sabre sur la tête lors d’une attaque de mamelouks. Son tricorne dévie la lame et lui sauve la vie.
  • Saint-Jean-d’Acre, 1799 : Il est grièvement blessé par un coup de feu à la gorge. Alors que Bonaparte le croit perdu et s’écrit  "Ah, ce pauvre Arrighi, il est mort", un canonnier intervient et lui sauve la vie en arrêtant l’hémorragie.