Tour abbatiale - Musée
Grand'place
Classée Monument Historique dès 1846, la tour servait autrefois de porche à l'église de l'ancienne abbaye bénédictine de Saint-Amand. Ce massif occidental construit de 1626 à 1640, sous la direction du 76e abbé Nicolas Dubois, présente avec ses deux tourelles moins élevées, une masse imposante qui culmine à 82 mètres de haut. Son architecture singulière appartient au mouvement de Contre-Réforme du 17ème siècle qui suivit la séparation entre les provinces des Pays-Bas protestants et celles restées catholiques. Elle est composée d’un riche décor sculpté et superposition des ordres architecturaux : toscan, dorique, ionique, corinthien, composite.
L'abbaye, à l'exception de la Tour et de l’Echevinage, fut détruite suite à la Révolution Française et transformée en carrière de pierres. Depuis 1810, de nombreuses opérations de restauration du monument ont été réalisées. Le dernier chantier de grande ampleur, qui a duré de 2004 à 2012, permet d’imaginer désormais ce que furent la splendeur et le rayonnement de l’abbaye aux 17e et 18e siècles.
La Tour, monument culturel et touristique à part entière, offre un cadre remarquable au musée municipal créée en 1950. Constitué autour des faïences amandinoises du 18e et 19e siècle et des collections municipales dédiées à l’abbaye et à son histoire, le musée s’est aussi enrichi dans les domaines de la céramique contemporaine et l’art des Pays-Bas du Sud des 17e et 18e siècles. Au 1er étage, on y découvre les collections permanentes, dont les céramiques contemporaines dans une nouvelle scénographie réalisée en 2021. La salle Lannoy au rez-de-chaussée, accueille quant à elle, des expositions temporaires et animations aux thématiques variées : calligraphie, peinture, sculpture…
Au détour d’une promenade dans le jardin public, on peut encore entendre résonner les 48 cloches du carillon amandinois installé au sommet de la Tour depuis le 18e siècle. La ville organise même un festival d’art campanaire et des cours de carillon au sein de son école de musique : de quoi faire perdurer longtemps cette belle tradition locale !
Le Saviez-vous ? Les fouilles menées en 2019 par l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, lors de la rénovation de la Grand’ Place, ont permis de mettre en évidence quelques fondations en pierre attribuées à la demeure de Rozala d’Italie. Aussi connue sous le nom de Reine Suzanne, elle fut brièvement l’épouse du roi des Francs Robert le Pieux et vécut à Saint-Amand autour de l’an 1000.